Parmi toutes les créatures qui peuplent le folklore d'Écosse et des Îles Britanniques, le Nuckelavee est celle qui inspire le plus de terreur et de répulsion. Contrairement à d'autres monstres qui peuvent avoir des traits romantiques ou être apaisés, le Nuckelavee est la personnification pure de la malveillance, de la peste et de la mort.

La description physique du Nuckelavee défie la raison. Il s'agit d'un centaure démoniaque, mais pas comme ceux de la mythologie grecque. Imaginez un torse de cavalier humain fusionné de manière grotesque au dos d'un cheval, mais avec une caractéristique qui le rend insupportable à regarder : il n'a pas de peau.

Le 'cavalier' n'est pas moins horrible. Sa tête est énorme, disproportionnée, et oscille sur un cou faible qui semble incapable de la soutenir. Ses bras sont anormalement longs, si bien que ses mains, dotées de griffes, traînent par terre lorsqu'il chevauche.

Le Nuckelavee est une créature de la mer, mais sa haine se dirige vers la terre. Il déteste l'eau douce ; c'est sa seule faiblesse. Il ne peut pas traverser un ruisseau d'eau courante ni supporter la pluie.

Les insulaires des Orcades avaient tellement peur de prononcer son nom qu'ils se référaient à lui par des euphémismes, craignant que l'invoquer n'attire son attention. On l'accusait des sécheresses (ironiquement, bien qu'il vienne de la mer, il assèche la terre), des mauvaises récoltes et de la mort subite des animaux.

Un récit célèbre du XIXe siècle, recueilli par le folkloriste Walter Traill Dennison, raconte l'histoire de Tammas, un insulaire qui a eu la malchance de rencontrer la bête sur un chemin côtier solitaire. Tammas a vu une masse de chair rouge et vapeuse. L'horreur l'a paralysé, mais son instinct de survie a été plus fort.